Les DSI face au cloud, incontournable de la transformation digitale

Le cloud, quelque soit sa forme, s’impose dans les modèles de déploiement de l’informatique, au point qu’il est désormais le support incontournable de la transformation digitale. 

Les stratégies de déploiement sont multiples : cloud privé/public, cloud-first, multi-cloud, cloud hybride. Et jusqu’à la ré-internalisation engagée par certains DSI qui finalement s’inscrit en démarche critique d’un cloud enfin mature.

Selon le Cloud Computing Survey 2018 d’IDC, 73% des entreprises ont au moins une application ou une partie de leur infrastructure informatique dans le cloud. Cette migration a pour la majorité des entreprises débuté par l’adoption de services, voire de solutions chez les métiers, consommés en mode SaaS donc locatif. La DSI a commencé à évoquer la migration vers le cloud lorsqu’elle s’est engagée dans le transfert d’une poignée d’applications clés vers un fournisseur de service tiers.
Aujourd’hui, les entreprises françaises investissent en moyenne 31,3 millions d’euros dans les services cloud, en augmentation régulière, selon l’étude Insight European 2019 Intelligent Technology Index. Qui par ailleurs révèle que pour 44% des DSI français, le cloud a joué un rôle essentiel pour les projets d’innovation numérique au cours des dernières années.

Les défis de l’adoption du cloud

L’adoption du cloud est une réalité et ne cesse de progresser. Pour autant ce n’est pas anodin pour les entreprises, et les DSI doivent s’investir fortement dans cette démarche. La migration d’une application dans le cloud nécessite par exemple une planification minutieuse, l’adoption et le déploiement d’outils de gestion du cycle de vie du workflow, ou la création de processus adaptés au nouveau modèle. Également la formation des personnels, du développement à la maintenance. Par ailleurs, la conduite du changement est trop souvent négligée, mais s’avère indispensable car le cloud impose un changement de paradigme et de culture.
Les défis à affronter sont nombreux, et parfois sous estimés. Si la gestion globale des opérations informatiques demeure le plus grand défi pour la majorité, (69% des DSI français), le déploiement d’une stratégie cloud soulève en priorité la question des coûts : mensuels pour 48% des DSI, en amont (dépenses d’investissement) pour 37%, et l’insuffisance des budgets pour 34%, selon l’Insight Index. Sans oublier que la question de la sécurité serait la principale cause des nuits blanches rencontrées par 57 % de ces mêmes DSI.
Quant aux résultats, ils ne sont pas toujours à la hauteur. Par exemple, le Top Challenges for CIOs in a Software-driven, Hybrid, Multi-Cloud World de Dynatrace constate qu’en 2019 les équipes IT ont passé 33% de leur temps à traiter des problèmes de performance, pour un coût annuel moyen de 3,3 millions de dollars, en augmentation de 34%. De quoi favoriser l’usage de l’IA (Intelligence Artificielle) pour piloter l’infrastructure informatique, attendue par 88% des DSI. Ne le cachons pas non plus, une partie des projets de cloud sont un échec, avec en particulier des DSI qui veulent aller trop vite et trop loin. Ainsi plus d’un tiers des services dans le cloud seraient inutilisés...

Vers le cloud hybride

Confrontés à la coexistence de l’ancien et du nouveau, désirant disposer de différentes capacités et d’éviter la dépendance avec un fournisseur unique, souvent soumis aux obligations légales et régionales, les DSI se tournent vers le cloud hybride. Cloud privé et cloud public, également multi-cloud, selon le Nutanix Enterprise Cloud Index 2018, 91% des DSI dans le monde affirment que le cloud hybride est une réponse idéale à leur besoins informatiques. Et 9 DSI sur 10 utilisent déjà ou prévoient de déployer, dans les 12 prochains mois, un cloud privé, une solution SaaS, IaaS ou PaaS, des microservices, des conteneurs, ou encore de l’informatique sans serveur (serverless).
Dans le même temps, près d’une organisation sur trois (31%) envisagerait de rapatrier des données dans leur infrastructure ‘on premise’, selon un rapport Netwrix 2019. Certains y voient un échec du cloud. N’est ce pas plutôt une démarche raisonnée, signe d’une certaine maturité qui, 10 ans après l’apparition du cloud en France, voit les stratégies informatiques se renforcer ? D’ailleurs, pourquoi ré-internaliser ? Ce mouvement répond à des préoccupations liées à la sécurité, à la fiabilité, à la rentabilité et aux coûts élevés ; et il concerne principalement les données et les applications critiques des entreprises, démontrant une stratégie mature. Les DSI apprennent, les modes de consommation du cloud évoluent avec eux.